Madame, Monsieur, bonsoir! Pour mon étude de cas j’ai décidé de me pencher un peu plus en profondeur sur le média “rue 89″ comme vous pouvez le constater sur mon superbe “copié-collé” du logo. Non, non et non, ce n’est pas parce que c’était le premier de la liste, pour qui me prenez-vous? Mais plutôt car, à première vue en tout cas, il s’agit du site le plus complet d’une part, et du plus intéressant d’un point de vue “contenu” à mes yeux. De plus, “Rue89″ est un site un peu particulier, en tout cas d’un point de vue Web 2.0, car il n’est pas uniquement centré sur l’utilisateur; mais on pourra plus justement parler de collaboration entre professionnels de l’information et internautes lambda, ce que à mon sens, le rend tout de même plus crédible et probablement plus utile. Le tout est simplement de ne pas perdre en légitimité à trop vouloir gagner en efficacité, aurait dit ce bon vieux Montesquieu. Et comme si ce n’était pas déjà suffisant, on peut même consulter l’avis d’experts sur des sujets bien précis, qui apportent encore des précisons. L’”état d’esprit” à la base de cette méthode originale de faire de l’info est parfaitement expliqué ici:
Même si tout le contenu n’est pas pensé rédigé et corrigé par l’utilisateur, sa contribution est néanmoins essentielle, notamment pour les réactions et débats qui ajoutent déjà une plus-value au contenu existant, mais aussi pour les sujets qui sont spontanément mis en avant et traités par les utlisateurs, et c’est cet aspect justement qui fait de Rue 89 un média qu’on peut considérer comme faisant partie du club “2.0″.
Nous allons à présent nous pencher plus en détail sur cet aspect participatif, comment est-il géré, quelles en sont les droits et devoirs, bref, une sorte de petit “ABC de l’utilisateur”. Pour cela, rendez-vous sur la page même du site de Rue 89, où nous pourrons retrouver toute une série d’éléments pour mieux cerner le mécanisme de participations des différents utilisateurs.
Moyennant une courte inscription, nous pouvons déjà nous venter d’être potentiellement un utilisateur qui participe au contenu; en effet, en plus des traditionnels commentaires que l’on peut désormais trouver sur la plupart des sites, nous avons ici l’opportunité de suggérer des contenus, de soumettre des liens ou d’autres médias que nous jugeons intéressants dans une rubrique spécialement conçue pour les internautes: “La rue est à vous”. Le résultat des participations des internautes peut se retrouver dans la rubrique “témoignages”. Voilà pour avoir une idée du spectre des différentes possibilités de participations. Certaines langues diront d’ailleurs que le système de “tri” des suggestions, des blogs ou des commentaires effectué par Rue 89 en amont bride au final la liberté d’expression des utilisateurs et que l’écrasante majorité du contenu vient finalement de la rédaction. (Lire à ce sujet l’excellent billet d’un des fondateurs déçu – Michel Lévy Provençal- de Rue 89 ici.) Il est précisé en effet sur le site même de Rue 89, que les différents collaborateurs de la rédaction du webpaper se réservent le droit de ne pas publier certaines contributions qui seraient trop longues ou de mauvaise qualité, ainsi que de choisir les blogs qu’ils publieront, etc. Il est effectivement souvent rappelé que Rue 89 se veut être un média d’information de qualité supérieure, et qui a pour vocation de rompre avec une espèce de sur-information “made in” agence de presses, dénuée de tout travail d’investigation et d’analyse. C’est une sorte de révolution que Rue89 veut proposer; une révolution de l’information.
Si en théorie, cette vision des choses est digne de tous les intérêts, la pratique nous permet de la voir d’un point de vue critique. Depuis quelques temps, des voix s’élèvent sur le web quant à l’honnêteté et à la correction de la rédaction vis à vis des internautes; notamment en ce qui concerne les droits d’auteurs d’images. Le blog hypertexté ci-contre met en évidence certaines limites d’un médium participatif, et en particulier s’il commence à connaître un certain succès (on parle de plus de 600′000 visites par mois). En effet il existe toute une problématique de redistribution des revenus si le média en dégage, alors c’est tout le système de production via les internautes qui est remis en cause.
Au jour d’aujourd’hui les contributions des utilisateurs sont à titre bénévole, la rédaction n’excluant pas, en cas de développement suffisant, de rémunérer les participants. Mais pour l’instant elle vit de recettes publicitaires et réfléchit à créer une association pour recceuillir des fonds supplémentaires. Notons que Rue 89 est parvenu tout récemment à réaliser une levée de fonds supplémentaire de 1,1 millions d’euros, ce qui fait qu’aujourd’hui, sur la balance, le webpaper pèse 4 millions et demi d’euros en étant toujours aux mains des fondateurs de base, ce qui relève presque de l’exploit.
Le fonctionnement des commentaires est quant à lui comparable à tous les autres modèles existants pour ce qui est du règlement et de son utilisation, il n’y a rien à signaler.
Outre la vidéo et le lien ci-dessus, j’ai pu relever sur internet un reportage audio intéressant dans l’”atelier des médias” dont voici la référence: Rue89: reportage dans les coulisses d\’un média participatif. Et avec ce que j’ai pu consulter pour cette étude de cas, je dois dire que mon sentiment est plus que partagé par les méthodes de ce média. C’est surtout le côté participatif qui lui fait défaut, car les dirigeants ont apparemment changé de ligne de conduite pour maintenir un journal de haute qualité journalistique à son détriment. A mon avis donc, sa vocation première n’est pas atteinte, et Rue89 ressemble plus à une version online un peu interactive du canard enchaîné qu’à une vraie plateforme de débat informatif neutre qui laisse majoritairement la parole à monsieur et madame tout le monde, les vrais habitants de la “rue”.
Pour arriver à cet objectif ultime, mon idée serait justement de ne pas passer par un site d’information à proprement dit, mais de se rapprocher d’un système “forum”, ou chacun peut s’exprimer totalement librement; sauf que l’outil forum, à cause de son manque de dynamisme, pourrait être remplacé par une sorte de système de video-conférences, ou les utilisateurs pourraient connecter leur PC avec les autres afin de leur montrer des documents, en totale interactivité. Avec au dessus de ça, des sortes d’animateurs journalistes qui posent les questions et mettent le débat en perspective. En bref, j’adore les emissions style infrarouge, quoi, et ce serait sympa de pouvoir faire ça sur le net, car dès lors on pourrait la réaliser avec primo, des quidams et non forcément des personalités, et secundo, réunir des gens des quatre coins du monde autour d’une table virtuelle. Mais de façons plus interractive et animée qu’un simple forum. Je m’emballe un peu, désolé, héhé. Enfin voilà pour ce qui est de l’étude de cas, en avant pour la synthèse!
The End
